lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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Il est interdit de copier photos et textes.
Marcel Carbonel décédé en 2003 est à l'origine du salon international des santonniers d'Arles fondé en 1958. Il doit sa renomméée de santonnier aux 700 modèles de santons différents qui ont contribué à établir sa renommée internationale. Meilleur Ouvrier de France, il fait partie des grands santonniers fidèles à la tradition provençale. Son succès commercial ne doit pas occulter son talent artistique qui le classe parmi les plus grands santonniers de son temps et certainement de l'histoire du santon.

Ses santons racontent tous l'histoire de la crèche provençale des pastorales. Je ne crois pas avoir trouvé sur son catalogue joueurs de pétanque et autres joueurs de carte. Pas si commercial que ça finalement. Ses santons sont tous remarquablement bien finis. J'ai la chance d'avoir des santons de lui relativement anciens, dans la série de 15 cm, (son ravi notamment)peints avec des couleurs naturelles, lumineuses,broyées à l'atelier, de vrais chefs-d'oeuvres. On trouvait son prix de vente élevé, mais depuis il a été rattrappé par bien d'autres.
Cette arlésienne de marcel Carbonel figure dans une crèche qui était exposée au salon d'Arles de Noël dernier. J'y reviendrai en présentant bien sûr une photo de cette très belle crèche ancienne. En attendant place encore une fois à l'arlésienne. Sur mon blog, comme dans la crèche, l'arlésienne, on en parle et on la voit...
Chaque année autour de Noêl a lieu en Arles, au cloitre St Trophime le salon des santonniers. Santonniers professionnels et amateurs exposent des oeuvres sélectionnées. Une manifestation typique de la culture provençale authentique. Une occasion pour voir de près des réalisations exceptionelles. Des pièces uniques, rares, mais aussi des créations originales comme ces 3 arlésiennes dont je n'ai malheureusement pas noté le nom du santonnier créateur.

Les santons ne sont pas entièrement en terre cuite, ils sont habillés avec des vêtements en tissu. Deux arlésiennes sont assises sur un banc. Tandis que l'une est plongée dans la lecture d'un livre, sa voisine est en conversation avec une 3ème debout deriière le banc. L'expression des visages rend la scène attachante. L'émotion est présente. On croit entendre ce qu'elles se disent. Et celle qui lit ne semble pas perdre un mot de leurs paroles. Les costumes des arlésiennes sont fidèles à la tradition d'élégance et de simplicité.
La plupart des photos de mon blog je les dois à Yves qui non seulement aime la Provence et les santons mais aussi sait faire de belles photos.
Il a fait un magnifique reportage sur le salon d'Arles, j'y reviendrai. Merci Yves. Merci à ce santonnier dont je vais essayer de retrouver le nom.
La bugadière, c'est la lavandière ou encore la buandière. C'est une femme qui fait la lessive. Au village les femmes faisaient la lessive une fois par mois. Une journée entière y était consacrée. Les femmes qui n'avaient pas de buanderie à la maison allaient au lavoir communal. La lessive était aussi une bonne occasion pour échanger des nouvelles sinon des ragots.

Dans ma crèche, j'ai mis devant le lavoir 2 lavandières. Celle de droite est de E. Prados. La femme tient sa bassine de linge sous le bras et de l'autre main serre contre elle le battoir. A ses pieds à droite elle a une sorte de caisson sur lequel elle s'agenouille pour lui permettre de laver le linge au bord de la rivière.
Celle de gauche est de Robert Canut. Elle lave dans une bassine disposée devant elle, avec posé à côté un panier où s'empile le linge sale. Une planche prenant appui sur la bassine permet de frotter le linge pour mieux le nettoyer. Tout en lavant, en restant concentrée sur son geste, elle échange avec sa voisine les nouvelles du village. La lavandière de droite semble l'écouter avec beaucoup d'attention tout en restant elle aussi concentrée sur son travail. Ces deux santons semblent faits pour se parler. Les voilà figés pour toujours dans leur vérité la plus naturelle. C'est cela qui les rend authentiques, vrais.
Dans mon village le lavoir était à côté du poids public, il avait une forme circulaire, on aurait dit une tour. Il y avait un réservoir d'eau à l'étage. Depuis il a été vendu et transformé en maison d'habitation. Ce n'est plus un lavoir mais ce n'est pas non plus une maison. Les moqueurs disent que les propriètaires tournent en rond dans leur maison et que leurs meubles ne sont jamais placés droit !
Je revois encore les femmes s'agiter dans de grands mouvements de bras pour rincer à l'eau courante le linge encore tout impreigné de lessive. Encore un vestige du passé récent disparu. Même à la télé l'image rassurante de la mère Denis a disparu des écrans. Tout comme les pub pour les lessives, ce dont personne ne se plaind.



