lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Le village : petite leçon de géographie.
Voici ce que dit le chanoine Tarbouriech en 1918
sur l’ « Aspect général du village » :
« A 19 kilomètres au nord-est de Montpellier, se trouve le village de Beaulieu qui fait partie du canton de Castries . Ses confronts sont au levant Saussines et Restindières, au midi Saint-Genièz-des-Mourgues, au couchant Sussargues et Saint-Drézéry, enfin au nord Saint-Jean-de-Cornies et Saint-Hilaire de Beauvoir. Comme le Beaulieu de la Côte d’Azur, le Beaulieu de l’Hérault (Bello loco en latin, et Bel lioc dans la langue romane) tire son nom de la beauté de son site. Il est solidement bâti sur la pierre blanche, dites de Castries ou de Beaulieu, qui est si recherchée pour les constructions dans un rayon assez considérable et particulièrement à Montpellier. Le village est relativement assez long du nord au midi et paraît au touriste beaucoup plus important qu’il ne l’est en réalité. »
Apparemment les choses n’ont pas changé depuis. La situation géographique est toujours la même. Mais le lieu est-il encore beau, malgré les lotissements et les maisons individuelles qui ont envahi la garrigue environnante ? Et que dire de la qualité de vie des habitants, notamment ceux du vieux village (dont je suis) qui doivent subir à longueur de journée le bruit et la pollution des voitures ?
Sur une carte ancienne du Languedoc, datée de 1648, on trouve le nom de Belloc pour désigner le village.
Le nom de Beaulieu apparaît plus tard semble-t’il, au 18ème siècle.
Le nom de Beaulieu figure sur une carte réalisée entre 1770 et 1775 par Le Jeune et Langelay (carte Cassini).
Belloc, le nom n'était pas mal du tout, dommage qu’on ne l’ait pas conservé.
à suivre...
En 1918, le chanoine Tarbouriech, ancien curé du village, écrit et publie une notice sur l’histoire du village : Petite Patrie et Grande Patrie Française....
Mon ambition personnelle en 2006 est plus modeste, quoique...
L'exode rural, c’est trop tard, il a déjà eu lieu, c’est terminé 28 habitants sont morts pendant la guerre de 14- 18 à suivre...
« Cette notice sur Beaulieu contient deux parties bien distinctes : l’histoire de
Les habitants de Beaulieu aiment d’un grand amour
Notre seule ambition est que ce petit travail fasse aimer davantage la petite Patrie à nos chers anciens paroissiens et, que par conséquent, il contribue le plus possible à enrayer la désertion des campagnes et l’exode si funeste vers les grandes agglomérations. »
Je peux dire qu’aujourd’hui, mon ambition est plus modeste certes, mais elle demeure la même :
" que ce petit travail fasse aimer davantage la petite Patrie…"
Mais pour ce qui est de l’exode rural, voilà, c’est trop tard, il a eu lieu, c’est terminé. Les enfants d’agriculteurs sont allés s’installer ailleurs pour leur travail. Et ceux qui sont venus dans la région pour leur travail se sont installés peu à peu dans le village. Après l’exode, les villas puis les lotissements. Le vieux village résiste tant bien que mal aux assauts de la population nouvelle motorisée, voiturisée, bruyante, polluante.
Dans les années 50, il y avait 400 habitants au village. 28 sont morts pendant la guerre de 14- 18, agés de 20 ans pour la plupart. On a du mal à réaliser cela aujourd’hui. Ma grand’mère maternelle évoquait souvent le souvenir de son frère mort à cette guerre à l’âge de 20 ans. Enfant j’étais insensible à ce drame qui me semblait si loin, si ancien, si peu d’actualité. Aujourd’hui je comprends sa douleur et son chagrin et cet évènement me semble plus proche dans le temps, me concerner davantage. La notion de temps, celle de sa durée évolue selon notre âge. Le temps psychologique, le nôtre, celui que nous ressentons intérieurement, n’est pas le temps physique qu’Einstein décrit comme relatif en fonction de la situation de l’observateur, mais il est lui aussi relatif aux variations de nos états subjectifs.
Mon village, je ne vous ai pas dit encore son nom même si je l'ai montré en photos. Une sorte de pudeur me retient encore, je ne sais pas à qui je m'adresse, difficile de se dévoiler à des inconnus... j'attends un peu, j'aimerais pouvoir le dire en réponse à des commentaires, à des réactions...
Mais le sujet du jour concerne bien sûr le monde des santons. Voilà dans mon village nous sommes quelques uns à faire des crèches, je veux dire à faire une crèche dans notre maison pour notre famille, nos amis. Nous nous connaissions déjà, mais c'est en les invitant à venir voir ma crèche que l'idée est venue de faire la tournée des crèches.Cette année, le 28 décembre, nous avons donc inauguré notre circuit. Voici les photos.
Nous nous sommes retrouvés d'abord chez Laure qui est très attachée à la culture camarguaise, aux taureaux, aux chevaux et au costume d'arlésienne. Sa crèche est donc camarguaise.

Installée dans la cheminée, chevaux, gardians, taureaux, arlésiennes, gitans entourent la crèche.

dommage, la photo ne permet pas de voir tout le charme que dégage cette crèche. bravo Laure, et merci pour le vin chaud, la galette des rois , la tarte maison et ton accueil chaleureux.

Nous voilà maintenant arrivés chez Marie-Jo. Sa crèche est bien plus grande que l'année dernière. Elle est en bonne place dans son séjour.
En haut à gauche le village. En bas au premier plan à gauche, les taureaux et les gardians.
Mille excuses Marie-Jo, mais la photo n'est pas très bonne, on voit mal le bel escalier qui mène du village à la manade.

En haut à droite, le troupeau. les santons vont vers la crèche, mais désolé la photo n'est vraiment pas bonne.

En haut à droite, le moulin à vent puis le troupeau. la scène de la nativité est bien installée dans l'entrelacement d'une belle souche de vigne.
Marie-Jo avait prévu elle aussi de quoi sustenter notre petite troupe qu'elle a reçue avec beaucoup de gentillesse. En fait Maurice, son mari, est tout aussi passionnée qu'elle, et c'est lui qui construit l'ossature de la crèche et le paysage. Cette année, il a peint des moutons achetés bruts. Tous deux aiment déjà évoquer les aménagements futurs, les extensions possibles.
En partant de chez eux, nous avions fait le plein de belles images et de bonnes choses. Nous voilà en voiture pour notre troisième crèche du circuit. Une surprise nous attendait chez Marie-Paule. Jugez en par la photo : 
Le paysage de la crèche, comme celui de Marie- Jo, comme le mien, est fait uniquement avec des éléments naturels : mousse, cailloux, rochers, terre, souches. Mais ce qui fait toute la beauté de cette crèche c'est le fond du décor : un panneau mural qui représente le Pic St Loup et au fond les premiers sommets des Cévennes. Le Pic St Loup et l'Hortus c'est notre montagne à nous que l'on voit surgir au loin à la sortie Nord du village. C'est Jacques, le mari de MariePaule qui a patiemment dessiné et peint ce décor. Le résultat est magnifique. De quoi nous redonner appétit pour déguster tartes salées et quiches arrosées de bon vin d'orange et autres spécialités maisons.

La dernière étape du circuit nous a conduit chez moi, autour de ma crèche que je ne présente pas ici ( voir l'article qui lui est consacré). Nous avons terminé cette visite par un apéritif plus léger. Enchantés par cette initiative, nous avons décidé d'en parler autour de nous pour élargir le circuit à d'autres personnes ou familles. Sans la crèche et les santons je ne pense pas que notre groupe se serait constitué.



