lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog raconte: des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du
village,  et autres radotages sur le passé et  la vie d'aujourd'hui.
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Jeudi 9 mars 2006

 

Au salon international des santonniers d'Arles dans la première salle d'exposition du cloître St Trophime sont exposées des crèches et des scènes réalisées par des amateurs. Ces oeuvres sont pour la plupart des pièces uniques et aussi bien faites parfois que celles des professionnels. Je n'ai pas retenu le nom de l'auteur de cette crèche avec une scène de taureaux de Camargue. Dommage car il exprime là  beaucoup de tendresse et d'amour pour le pays et ses traditions.


Les santons à l'origine sont des personnages qui viennent faire un présent au nouveau-né et lui rendre visite. Ils sont en route vers la crèche. Ils offrent le fruit de leur travail. Les gardians ne vont pas offrir un taureau mais ils font voir ce qu'ils savent faire de mieux, ils offrent en quelque sorte le meilleur d'eux-mêmes, leur amour pour les chevaux, les taureaux, la noblesse de leur métier qui donne du bonheur aux autres. C'est aussi pour ça qu'ils méritent d'être représentés sous forme de santons. Un santon est figé pour toujours dans le geste, l'attitude qui reflète le meilleur de lui-même. C'est pour cela qu'il a quelque chose d'éternel, qu'il fait briller nos yeux comme le dit si bien Sire dans un commentaire.

J'aime voir des taureaux et des chevaux dans les crèches car ils racontent la vérité d'un peuple. Mais toutes ces scènes qui représentent une Provence artificielle pour touristes qui se contentent de clichés genre partie de cartes ou de pétanque n'ont pas leur place dans la crèche. Figurer dans une crèche, ça se mérite.

 

Mercredi 8 mars 2006

 

St Guilhem le Désert est un très beau village perdu au pied des Causses, à 42 km de Montpellier, près des gorges de l?Hérault. Quand on marche en direction du cirque du « bout du monde », on s'y croit vraiment. Et pourtant ce chemin est celui qu'empruntent les marcheurs qui vont à St Jacques de Compostelle. Avant d'arriver au village, en longeant les gorges de l'Hérault on passe à côté du « pont du diable », déjà tout un programme?

Un paysage à couper le souffle avec de vieilles maisons autour de l'abbaye de Gellone, dont une partie du cloître est partie aux USA, démonté pierre à pierre, reconstruit à New York au musée des cloîtres. Mais l'église abbatiale et les bâtiments autour sont bien là avec leur architecture du Xème siècle et constituent un des hauts lieux incontournables de l'art roman ( pour en savoir plus cliquer ici ). A visiter absolument si vous venez dans l'Hérault.

Bon et les santons dans tout ça ?

Ben nous y voilà, à St Guilhem il y a un musée du santon où un vieux village languedocien est représenté à travers des personnages de la vie quotidienne. Les créateurs de cet atelier ont exposé au salon d'Arles de très très belles scènes d'abrivado. L'abrivado, si vous ne l'avez pas appris hier, allez donc faire un tour ici sur le site de la fédération de la course Camarguaise.

Le réalisme des compositions est tel que l'on se demande s'il ne s'agit pas de photos d?art prises sur le vif. Ce ne sont pas des santons habituels, mais des figurines en terre cuite sculptées artistiquement. A St Guilhem bien sûr il n'y a pas des taureaux ni des gardians, mais nous revoilà quand même au pays des santons et des taureaux !

Mardi 7 mars 2006

Hier je vous ai fait voir les arlésiennes dans les arènes. Avec des liens vers la Fédération de la Course Camarguaise et les courses libres. Difficile aujourd'hui de ne pas évoquer les taureaux de Camargue (rien à voir avec la corrida. Ceux-là sont rois, on les fait courir, on les vénère mais on ne les tue pas).

Dans la crèche provençale, en principe on met pas de taureaux. Ou bien si, il y en a pourainsi dire un, un seul, le boeuf de l'étable qui avec l'âne souffle sur l'enfant Jésus pour le réchauffer. A Lunel, j'ai vu une crèche vivante avec un âne et un taureau de Camargue solidement entravé qui faisait office de boeuf. Bon, ceci étant, les traditions taurines camarguaises occupent une place si importante dans la culture provençale et languedocienne qu'il est normal de les retrouver sous formes de santons dans la crèche. Mais attention, au risque de me répéter, je vous le redis,  la course libre camarguaise n'a rien à voir avec la corrida (que je n'aime pas du tout car l'animal est sacrifié au plaisir de la foule). Dans la crèche les animaux vivent en paix avec l'homme et le chasseur y est à peine toléré.

Sylvie de Marans exposait cet hiver une très belle crèche camarguaise dans une cabane de gardians, dans un décor marécageux avec des roseaux, de la saladelle, les taureaux, les gardians à cheval et le campement des gitans qui aiment cette région où ils viennent chaque au pélerinage des Saintes Maries de la Mer. Dans mon village, Laure ( de notre petit groupe du circuit des crèches ) fait une crèche camarguaise avec des taureaux car son mari est manadier, il élève des taureaux de Camargue.

Moi je ne mets pas de taureaux dans ma crèche, le décor aride, fait de garrigues ne s'y prète pas. Je mets Vincent et Mireille à cheval, un très beau santon de Fontanille. Une famille de santonniers dont je reparlerai.

Voici une pièce unique de Roger Jouve représentant l'abrivado, exposée cet hiver au salon des santonniers d'Arles. Les gardians entourent les taureaux et leur font parcourir les rues du village au grand galop. Parmi le public nombreux qui assiste à cette arrivée, les plus jeunes s'interposent et essaient d'attraper un taureau et de l'immobiliser. On les appelle des attrapaïre ! Les taureaux, forcément on en reparlera. Ils font tellement partie de notre culture que les plus vaillants sont statufiés. Drôle de pays qui fait  plutôt des statues aux animaux qu'aux personnes illustres !

P.S : dans la colonne de gauche, à la rubrique photos il y a dans celles de mon village une vraie photo d'abrivado.

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