lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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Après la bénédiction des chevaux quelques arlésiennes ont pris place dans une voiture d'attelage précédée par les cavaliers. Le cortège a pris la direction de la place du village pour retrouver l'ambiance de la fête avec l'abrivado puis l'apéritif.

Encore une image de la bénédiction des chevaux où les gardians, proches et amis de la manade Vitou étaient venus nombreux.

Moment de joie et aussi d'émotion que l'on peut lire sur ces visages. Un moment de fête véritable qui donne du sens aux gestes les plus simples.

Après la bénédiction de schevaux, la chorale a chanté la Coupo Santo et des voix se sont élevées aussitôt dans l'assistance. Ce n'est pas un chant traditionnel mais un hymne. Au dernier couplet il faut se lever et les hommes qui portent un chapeau se découvrent. A la fin on a envie d'applaudir, certains le font, mais la tradition l'interdit car il s'agit d'un hymne, celui de la nation provençale réunie en communion avec ses voisins du pays catalan.
Pèr la glòri dóu terraire
Vautre enfin que sias counsènt
Catalan, de liuen, o fraire,
Coumunien tóutis ensèn !
Pour la gloire du pays
Vous enfin nos complices
catalans, de loin, ô frères,
Tous ensemble, communions !
Les gardians jeunes ou plus âgés tiennent leur chapeau contre leur poitrine pendant la Coupo Santo en signe de respect.

Le samedi de la fête est celui de la tradition et du recueillement avec la messe en provençal, la bénédiction des chevaux et pour la première fois cette année la présence de jeunes filles du village habillées en arlésiennes, accompagnées de cavaliers ou de leurs compagnons en costume camarguais.
Le prêtre a béni les chevaux assemblés devant la chapelle Notre Dame de Pitié. La nef ancienne date du XIème siècle, de style roman, dernier et unique vestige de l'ancien village jadis construit tout autour. Aujourd'hui une belle pinède l'entoure et surmonte un lotissement construit au pied de la colline d'où la vue se perd vers les Cévennes. Sur le devant de l'édifice une extension, de forme toute simple a été ajoutée au début du siècle dernier pour accueillir davantage de fidèles. Utilisée pour les fêtes de la Vierge, elle sert surtout aux mariages et aux baptêmes. Auparavant la bénédiction des chevaux se faisait devant l'église, autour du monument aux morts.

Le prêtre s'avance vers les chevaux assemblés devant la chapelle.

Une partie des chevaux et de leurs cavaliers venus pour recevoir la bénédiction.

Le prêtre accompagné des enfants de choeur habillés à l'ancienne avec une aube rouge et un surplis blanc bénit les chevaux un à un en prenant le temps de s'arrêter chaque fois pour échanger quelques mots avec le cavalier. La cérémonie est simple mais spectaculaire en même temps. Elle sort du commun et malgré l'ambiance festive elle demeure empreinte de recueillement. Le moment est solennel pour les cavaliers qui sont sensibles à la considération que le représentant de la religion chrétienne porte aux animaux et à leur cheval. L'émotion se ressent également au sein de la foule des personnes présentes. La fête est aussi l'occasion de faire accéder au sacré les valeurs de la tradition . Cette cérémonie rassemble et réunit au sens propre une communauté villageoise qui trouve son identité et ses racines dans un art de vivre hérité des anciens.



