lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Dans nos villages, la journée à l'ancienne fait désormais partie du programme de toute fête qui se respecte. A l'ancienne, c'està dire, comme
autrefois. On ressort des greniers et débarras habits d'antan et vieilles dentelles. On essaie de retrouver l'espace d'une journée le charme perdu d'un passé qu'on imagine simple, joyeux, sans
histoires. On croit revivre ce qui faisait tout le charme de la vie à la campagne au temps des attelages, des charrettes et des chevaux de trait. Ah ce bon vieux temps où l'on savait rire et
danser sans sono ni projos, ni dj, ni pétards. Parfois même un accordéon suffisait pour endiabler le bal. La tradition du déjeuner au pré chez le manadier
voisin a gardé tout son charme . Là, les gardians vont trier les taureaux pour les mener au bouaou, enclos sommaire fait de planches brutes fixées sur des piquets, en forme
d'arène, où les plus intrépides iront s'essayer à faire des rasets après avoir partagé la saucisse grillée arrosée de quelques bouteilles de vin rosé du pays. Puis le joyeux cortège repart au
village pour l'abrivado et l'incontournable apéritif sans lequel il n'y a pas de fête possible.
Je fais vite et résume mal le déroulement des choses, mais les images qui suivent les racontent bien mieux que moi.
Le tri des taureaux à la manade Vitou :
Départ des attelages de la manade vers le village de St Geniès situé tout à côté :
Abrivado à St geniès.
Et un grand merci à Claude pour ces videos réalisées par un de ses amis.













Adieu Yannick on t'aimait bien !
Dimanche 15 juillet, dernier jour de la fête. La tradition est à l'honneur avec la messe en provençal célébrée dans le cadre champêtre de la chapelle Notre Dame de Pitié située à
l'écart du village. Avec son ancienne nef romane du XIème siècle, elle est un des plus anciens sanctuaires de la région voué au culte marial. C'était dans mon enfance le lieu de
promenade préféré des habitants quand la garrigue qui la séparait du village n'était pas colonisée par l'implantation des villas individuelles qui mitent aujourd'hui le
paysage. L'espace d'une messe nous voilà revenus aux temps anciens. Ce jour-là certains n'hésitent pas à sortir des armoires ou du grenier les habits et robes d'avant tandis que d'autres
endossent le costume traditionnel des provençaux ou des arlésiennes. Tout ce petit monde avait pris place qui sur une grande charrette attelée à un magnifique cheval de trait, qui
sur le plateau d'un tracteur, avec des ballots de paille servant de siège à tout ce beau monde.
En fait la messe était une des dernières que célébrait le prêtre de la paroisse, appelé par son évèque, après 12 ans de présence à aller servir dans une autre communauté du département. Moment
d'émotion donc car notre curé avait su tisser des liens d'amitié très forts avec tous les gens du village qu'ils soient dévots ou mécréants. A l'heure des discours, des sanglots retenus
étranglaient un peu les voix. Ce n'était pourtant pas la dernière messe, celle des adieux au village a eu lieu le 8 septembre, jour de fête de la chapelle pour célébrer la naissance de la Vierge
Marie. J'y reviendrai. Mais en ce 15 juillet se retrouvaient sur les bancs, côte à côte, les paroissiens fidèles et les autres, qui sans être infidèles ne sont pas pour autant des piliers
d'église. Notre curé profitait de cette rencontre festive pour vivre ensemble une dernière fois un de ces moments où tout le monde se retrouve et se rassemble autour de valeurs communes
faites d'amitié , d'échange et de respect mutuel sinon fraternel. Alors la bénédiction des chevaux dans la pinède avec la prière du gardian et à la fin la Coupo Santo, c'était aussi la
bénédiction de cette terre, de ce pays et de tous les gens qui y vivent. C'est bien de bénir les chevaux mais on ne bénira jamais assez la terre que nous habitons ne serait-ce que pour nous
donner envie de la respecter un peu mieux, d'arrêter de la piller, de penser un peu à l'état dans lequel nous allons la laisser à nos enfants. Mais je reviens à la fête que je ne veux
pas gacher, non, faisons la fête, oui, mais restons lucide. Adieu Yannick on t'aimait bien.





la chorale, regroupant des amateurs de chant provençal, s'installe dans la vieille nef romane.




Le président du comité des fêtes offre en cadeau au prêtre le maillot de la fête. L'office est terminé. Après la bénédiction finale, l'assistance applaudit longuement. Une façon de dire
adieu et merci. L'émotion est forte. Les participants vivent un de ces moments fusionnels, où oubliant querelles et divisions ils se retrouvent unis et solidaires pour manifester leur
attachement à celui qui a été proche d'eux, leur a parlé en ami sans jamais les juger. Je me souviens que dans son homélie, le prêtre a commenté le récit évangélique du bon samaritain portant secours à son prochain dans la souffrance. C'est le récit d'un homme blessé, d'une victime abandonnée par ses agresseurs au bord de la
route dont le sort laissent indifférents un Sacrificateur et un Lévite ( pourtant très religieux). C'est un samaritain, homme de mauvaise réputation qui lui porte secours
! Quand le curé explique aussi clairement que les gens d'église ne sont pas forcément des gens de bien, on ne peut qu'applaudir ! Et les brebis galeuses si facilement montrées du doigt par
certains bien pensants ont soudain chaud au coeur. Merci pour elles curé !



Après la messe, avant la bénédiction des chevaux, un gardian, représentant de "La Nacioun Gardiano" dit la prière du gardian. tout autour les gens écoutent et font silence, les gardians lèvent
leur trident vers le ciel en signe d'hommage.
A suivre..



