lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Se promener dans les anciennes carrières c'est retrouver intactes les traces encore vivantes du passé toujours inscrites dans les ornières creusées par les passages des roues de charrettes. Ce chemin mériterait d'être classé et protégé comme l'est déjà, à juste titre, la proche et bien plus célèbre via Domitia, la voie domitienne. Près de Lunel, sur le site d'Ambrussum de part et d'autre des vestiges du pont romain on peut en effet découvrir cette route qui traversait la Gaule reliant l'Italie d'alors à l'Espagne. Ce chantier justifie à lui seul ce que veut dire l'expression "travail de romain". La voie des carriers est de dimension bien modeste à côté mais elle est le témoin vivant de l'histoire des villageois devenus tailleurs de pierre contre leur gré lorsque le phylloxera a détruit le vignoble vers la fin du XIXème siécle. Les charrettes ne servaient plus à porter les "pastières" de raisin mais les cairons destinés à la constuction des bâtiments publics de Montpellier comme le théâtre ou l'hôpital. Le transport se faisait de nuit. Il arrivait souvent que le charretier épuisé après une dure journée de labeur s'endorme les rênes à la main. Mais les chevaux connaissaient par coeur le chemin et n'avaient pas besoin d'être dirigés. Notre père et nos grands-parents nous ont maintes fois raconté cette histoire que rapportent encore avec fierté les anciens du village.
Comment dire après cela que les pierres du grand chemin n'ont pas de mémoire? Parfois j'imagine que le sol foulé par nos ancêtres a gardé en quelque part leur souvenir fossilisé dans la pierre un peu comme sont gravées les mémoires des choses sur un disque d'ordinateur ou une clé USB ! La nature dont les scientifiques disent qu'elle est écrite en langage mathématique, contient peut-être au plus profond de son être le grand livre de l'univers.
Au Sud du village s'étale la garrigue trouée ici ou là par d'anciennes carrières qui ont un air de sculptures surgies dans la nature, au milieu des chênes, du thym, des arbustes buissonneux et des pins. Ce paysage est celui que tous les habitants d'ici connaissent par coeur et aiment. C'est celui dont je m'inspire quand je construis ma crèche. C'est aussi celui où je viens chercher, récolter tous ces éléments naturels que j'assemble pour mettre mes santons à l'honneur dans ce décor imaginaire. Il ressemble à ce monde qui entoure nos maisons, notre univers à nous, limité par le pic St Lou d'un côté et la basse plaine de l'autre qui descend jusqu'aux premiers marécages, juste avant la mer. Je vous invite à découvrir ce pays, ce sol caillouteux et rude, cette végétation typique du Midi qui sent bon la sarriette, l'aspic, le romarin sauvage et bien d'autres plantes secrètes que j'ignore.
Pourtant en prenant le sentier juste au bord de la route après celui qui va aux carrières en exploitation, on tombe tout de suite sur une sorte de galerie d'art moderne en pleine nature. Des artistes tagueurs ont décoré les stuctures d'une piste aménagée spécialement pour les jeunes pratiquant le sketboard. Drôle de façon de commencer la balade. Un peu surprenante, mais je trouve que cette forme d'art est bien en phase avec le paysage alentour.
Ces photos ont été réalisées début avril. Le printemps était déjà bien avancé, trop même. Difficile de bouder son plaisir mais inquiétude quand même de constater de visu ce qu'il faut bien appeler le dérèglement climatique.
la végétation investit la pierre rocailleuse, érodée par le temps. Voilà presque un paysage de crèche tout fait où il ne reste plus qu'à disposer les santons.
Photos Daniel, reproduction interdite sans autorisation.
Pour agrandir l'image cliquernt dessus.
Depuis ce jour le blog est régi par la V2, nouvelle version de la plateforme Over-Blog.
Patience si tout ne fonctionne pas aussi bien, il me faut m'adapter
et trouver le pourquoi du comment...
D'autres images du village vu d'un petit avion piloté au sol par Gérard, un aéromodéliste.
Regardez comment les maisons individuelles ont investi des parcelles de garrigue en la morcelant, formant un premier cercle autour du village. Puis après les lotissements où les constructuion sont plus serrées. Plus loin, sur le fond, le village voisin, Restinclières.
Pour commencer, une vue du centre. L'église, la mairie avec aussi son clocher. Bref, un village comme beaucoup d'autres.
Plus au Nord, le quartier haut, situé comme son nom l'indique sur la hauteur du village, la cave coopérative, désafectée depuis une dizaine d'années a failli être démolie. Seul monument important du village après l'église, le château, la mairie et la chapelle romane perdue dans les bois, elle va bientôt être transformée en centre culturel. La culture de la vigne n'est plus qu'un souvenir que seuls quelques "indiens" pratiquent encore contre vents et marées. Autour de la cave des maisons nouvelles l'encerclent, symbole du village devenu résidentiel, lieu d'hébergement pour des familles ayant leur activité professionelle à Montpellier, éloigné de seulemrnt 20 km.
Cliquer sur les images pour les agrandir.
Photos Gérard, reproduction interdite sans autorisation.














