lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Le taureau est le roi de la fête. Abrivados, encierros, bandidos, s'enchainent chaque jour, midi et soir avant les apéros où le sirop de grenadine se consomme en quantités infinitésimales au regard des litres ou hectolitres de pastis que déverse la buvette sur le flot des festojaïres. Cependant si le taureau est présent partout il le doit au cheval de Camargue qui joue un rôle important. Le cavalier avec son long trident pointu en forme de tricorne trie les taureaux vivant en liberté sur les terres de la manade. Jadis immense, en Camargue le territoire n'était pas cloturé. Mais l'utilisation croissante des paturages naturels et du marais pour des cultures agricoles a contraint les éleveurs de bious à déborder largement du périmètre du delta du Rhône, qui définit géographiquement la Camargue, pour s'étendre au delà même de la Petite Camargue, qui s'arrête bien avant Marsillargues, n'en déplaise à nos amis de Lunel. En s'élargissant un peu plus, voilà qu'ici au village où les vignes ont été arrachées, les terres agricoles peuvent accueillir chevaux et taureaux dans un environnement qui n'a plus rien à voir avec la Camargue. Si les manadiers prennent soin de leurs chevaux il n'en va pas de même avec certains propriétaires particuliers qui, comble de l'horreur, n'hésitent pas à enfermer leur cheval dans un champ cloturé de barbelés dans lequel l'animal s'ennuie et ne dispose plus d'une seule touffe d'herbe, tant il manque d'espace naturel suffisamment étendu pour trouver sa pitance. Ne disposant pas toujours de fourrage ou de grain, il est parfois nourri avec des pommes et donne le sentiment de devoir attendre de longues heures ou journées la visite trop rare de son maître. Il n'est pas rare de voir une installation de fortune avec une vieille baignoire comme abreuvoir... bonjour la beauté du paysage, on est loin du marais sauvage de Camargue avec sa faune et sa flore où galopait Crin Blanc libre comme le vent.
Un cheval attentif lors de la cérémonie de la bénédiction à la chapelle

De retour de la chapelle, sur la place du village, comme dans Carmen, on rit on chante en regardant passer les gens...


Pendant ce temps, devant la chapelle la chorale se désaltère...

Départ de la chapelle et retour à la place du village. Des provençaux prennent place dans la calèche attelée. Rien qu'à voir l'attitude de ces personnes en costume traditionnel, j'ai l'impression qu'il s'agit de santons, comme si la photo en figeant leurs mouvements les rendait plus vrais que nature. Les voilà devenus pour nous héritiers du passé, dépositaires des us et coutumes de la vie de tout un peuple. C'est bien ce monde que les santonniers font vivre et revivre en modelant l'argile.

en route vers la place du village

la calèche est une habituée des lieux. Elle transporte assez souvent les jeunes mariés qui viennent ici célébrer leur union.




