lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog raconte: des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du
village,  et autres radotages sur le passé et  la vie d'aujourd'hui.
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Lundi 12 février 2007

    La St Valentin est toute proche. Cette fête au fil des ans - signe des temps ? - devient de plus en plus  commerciale. Une aubaine pour les fleuristes. Mais désormais les restaurants affichent complet le 14 février et certains, même les jours suivants. Décidément plus rien n'est comme avant, les amoureux ne vivent plus d'air pur et d'eau fraîche. La mondialisation de l'économie ne concerne pas que les marchandises. Elle étend son emprise sur les sentiments. Comme si offrir un bijou de prix suffisait à prouver son amour. Comme si l'intensité du sentiment se mesurait au prix du cadeau. Je connais des fleurs fanées précieusement gardées entre deux pages d'un livre, dans un tiroir ou une boîte à secrets, qui valent tous les diamants du monde. Ces fleurs fanées n'ont pas de prix. Leur valeur est bien plus que sentimentale, elle fait de nous des êtres humains, Oui je crois que nous ne sommes jamais trop humains, jamais assez humains. L'humain n'a pas de prix, car son prix les vaut tous.

Je trouve plutôt rassurant que demeure forte la tradition qui consistait jadis à échanger des billets doux, remplacés aujourd'hui par des cartes illustrées au dos desquelles on écrit ses sentiments à l'être aimé. D'après wikipedia, l'encyclopédie en ligne sur internet, les postes du monde entier évaluent à 1 milliard le nombre de messages d'amour envoyés pour la St Valentin.

Pas loin de notre village, à Roquemaure, dans le Gard ( cette partie du Gard qui sent déjà bon la Provence) les amoureux peuvent aller à l'église vénérer les reliques d'un St Valentin. Sauf qu'à Roquemaure en 1868 quand un riche viticulteur a offert ce reliquaire à l'église c'était pour protéger les vignes du phylloxera qui détruisait alors tout le vignoble. 

 voir ici l'article de l'encyclopédie Wikipedia.

 Voici Grasset et Grassette, un santon ancien de 12cm, non signé mais qui est vraisemblablement de Marius Chave.
Leur sourire et leur visage épanoui nous montrent combien ils s'aiment d'un amour tendre même si selon la pastorale ils se disputent souvent...

 

 

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Autre couple d'amoureux provençaux rendus célèbres par Mistral, Vincent et Mireille.
Les voici en santon,  également attribué à Marius Chave.
 

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Et vus de dos ils sont tout autant émouvants.

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Mardi 6 février 2007

  Le visage des autres, c'est ce que l'on évite parfois ( souvent ?)  de regarder quand on croise dans la rue un inconnu d'allure un peu bizarre, trop différent de nous. Ces autres-là ne passent pas inaperçus comme la plupart des gens que nous voyons, qui eux, nous paraissent normaux, nous laissent pour la plupart indifférents. Nous les voyons sans les regarder vraiment. Dévisager un inconnu dans la rue cela ne se fait pas. C'est presque une agression. A ce compte, il ne me reste plus que le loisir de regarder à mon aise uniquement celles et ceux qui me sont familiers.

C'est que regarder quelqu'un n'est pas une simple affaire.

Toiser du regard, c'est mesurer, juger l'autre sans autre forme de procès. Croiser un regard dans la rue devient alors une aventure périlleuse. Il y a certes le cas extrême de ceux qui ne peuvent voir que de l'agression dans le regard de l'autre. Les regarder c'est les provoquer, leur déclarer la guerre, c'est s'exposer à leur violence.

Regarder c'est juger et c'est cela peut-être qui est insupportable pour eux. Derrière cette violence se cache me semble-t'il ce refus d'être catalogué, enfermé dans la prison où le regard de l'autre les enferme. Terrible aveu d'échec. Impossible de se penser autrement que ce que l'on est. D'en être fier même s'il n'y a pas de quoi aux yeux des autres. La solution de facilité est de s'en prendre à n'importe qui plutôt qu'à soi-même. 

 

Je comprends pourquoi cet étudiant français vivant au Japon écrit ceci sur son blog :« ... dans une foule, c'est toujours très facile de repérer l?étranger : c'est celui qui vous regarde. »

Impossible enfin de ne pas citer le philosophe Emmanuel Lévinas : « "La responsabilité est quelque chose qui s'impose à moi à la vue du visage d'autrui".  "De toute éternité, un homme répond d'un autre. Qu'il me regarde ou non, il me regarde ; j'ai à répondre de lui. J'appelle visage ce qui ainsi, en autrui, me regarde".

 

La condition humaine, l'humanité toute entière, je la découvre derrière le regard vivant de ces santons de ma crèche dont Yves a fait ces belles photos.

 

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Berger de l'atelier Rampal

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Sage-femme (20cm), Paul Fouque

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Berger agneau de Robert Canut (15cm)

Dimanche 4 février 2007

la Chandeleur s'en est allée. A Marseille, Aubagne et chez nous dans pas mal de maisons, ce dimanche grisâtre a été sans doute celui des adieux à la crèche et aux santons. D'un seul coup un grand vide est créé, il manque quelque chose dans nos séjours près de la cheminée, ou sur le buffet de la salle à manger, tant on s'était habitué à la présence de ce petit monde. Aujourd'hui nous avons défait la crèche de l'église. La chapelle qui l'accueillait semble bien plus dépouillée qu'elle ne l'est d'habitude. Dans nos séjours familiaux, la crèche disparue,  il faudra quelques jours pour remplir  à nouveau le vide ainsi créé, retrouver ses repères visuels, s'habituer à cette absence. 

 

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 Bientôt le berger ne jouera plus de sa cornemuse et l'ange ne remerciera plus en inclinant la tête. Les moutons repartiront vers leur bergerie.. 

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Seuls restent encore les pins et la statue de St Roch voilée. La grande table vide est comme un autel dépouillé. Demain la chapelle des fonds baptismaux qui abritait la crèche retrouvera son aspect habituel.

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 Mais en ce jour où brillent encore les dernières lumières de la Chandeleur, c'est cette image joyeuse et vivante de l'adoration des Rois que je vous propose de garder en mémoire pour évoquer le souvenir vivant de la crèche de l'église de Beaulieu, notre village.

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