lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Le printemps, on le sait, une hirondelle le fait pas, encore faut-il qu'il y en ait une. Dans ma remise, les nids accrochés aux poutres sont encore vides. Le temps est gris, il pluviote.
Mais à défaut d'hirondelles, un livre a fait mon printemps. J'ai reçu par la Poste le livre que j'avais commandé sur internet, et que je n'attendais pas de sitôt en raison des encombrements de trafic annoncés. Devinez lequel? Un livre sur les santons pardi, celui de Françoise Delesty : "Mémoires des Santons de Provence".
A conseiller si vous voulez voyager au pays merveilleux des santons. Vous y découvrirez les secrets du monde de la crèche et des santons. Même si les nombreuses photos ne sont pas légendées. Pour savoir qui a fait quoi, il faut aller chaque fois à la dernière page. Dommage aussi que ne soient pas mieux précisées les références de tout ce qui est rapporté concernant les faits et gestes, histoires et légendes de la vie provençale ancienne. Ces détails formels n'enlèvent rien à l'importance majeure de ce livre.
La crèche aujourd'hui perd de plus en plus sa vraie signification religieuse ( pour les croyants) et s'éloigne des valeurs traditionelles de la culture provençale (pour les incroyants) au profit d'une image de la Provence, superficielle pour touristes pressés, limitée au pastis, à la pétanque, à la belotte ou la manille, avec une dose de lavande, miel, huile d'oilve et savon de marseille. Croyants ou non, la crèche révèle la dimension spirituelle et les valeurs des gens de Provence et de leurs voisins du bas Languedoc dont je suis. Les crèches d'aujourd'hui représentent de plus en plus la vie d'un village provençal sans lien véritable avec la crèche, souvent reléguée au rôle de simple figurante en bas à gauche, ou perdue dans un coin du paysage.
Le grand mérite de ce livre est de remettre les pendules à l'heure en révélant le sensprofond de la crèche et des santons dans la culture provençale traditionnelle, la vraie, religieuse et profane, celle inspirée des textes sacrés, celle des Mistral, Daudet, Giono, Dellepiane , pour ne citer que les plus célèbres, avec la foule des félibres et autres mainteneurs des traditions.
(cliquer ici pour en savoir plus sur Dellepiane)
Au chapitre des santonniers, trois grands santonniers s'en sortent avec les honneurs : Marcel Carbonel, Roger jouve et Paul Fouque. Marius Chave n'est pas oublié. René Pesante suit de près et il y a aussi les santons de Robert Canut, souvent en photos. Et Patrick Volpes occupe une bonne place. La photo de son santon l'aveugle et son fils, partage la vedette avec celui de Thérèse Neveu. Bel hommage ! Bref un palmarès avec lequel je me sens en parfaite harmonie.
Parmi les nombreuses citations présentes dans l'ouvrage, je retiens ce mot de Pierre Graille qui vaut à lui seul son pesant de terre cuite : "Il y a ceux qui vivent du santon et il y a ceux qui le font vivre". Vite, à commander avant épuisement des stocks !
J'apprends à l'instant que les hirondelles sont de retour. Elles s'affairent autour des nids de ma remise et semblent en peine forme. Comme on le chante dans je ne sais plus quelle opérette que fredonnait ma mère : "tout le monde est heureux, le printemps est dans l'air."
la crèche 2005 de l'église de mon village.

photo du film, publiée sur le site cinemovies, à découvrirr ici, avec une très belle critique de J. Claude loiseau de Télérama.
Je ne vais pas souvent au cinéma. Uniquement pour les grandes occasions. Je n'aime pas ces sortes d'usines que sont devenus les nouveaux complexes de cinémas. Ce que l'on gagne en confort on le perd en convivialité. L'immense hall d'accueil ressemble plus à un supermarché qu'à une salle de spectacle. Chacun galope vers sa salle sans jeter un oeil sur son voisin. Pas question d'espérer le moindre début de dialogue avec qui que ce soit.
Je suis quand même allé voir "Le temps des porte-plumes"! histoire de retrouver, comme dans le village de ma crèche, ce monde rural des années 50 que j'aime temps à travers l'histoire de cet enfant placé chez un couple de paysans. La reconstitution est magnifique, trop même, en particulier les scènes de l'école primaire où l'instituteur est à mes yeux, plus caricatural que vrai. La vie des gens à la ferme finit par perdre sa simplicité naturelle dans une montagne de détails, rien ne manque, des poules aux canard, des pots de fleurs aux vieux meubles, tout est là comme c'était avant, bien présent, tellement que tout ça finit par faire trop, et la crédibilité en prend un coup d'autant que le scénario évoque des situations plus qu'il ne raconte une histoire.
Les personnages parlent peu, ne vont pas au bout de leur pensée, car la caméra s'efforce d'exprimer davantage leurs sentiments, leurs états d'âme que leurs faits et gestes. Le personnage central est cet enfant, Pippo, taciturne, blessé à jamais après avoir été arraché à sa famille. C'est son univers que l'on découvre, sa difficulté à communiquer, à parler, sauf avec une grand'mère qui habite à côté, qui passe pour une sorcière. Rejetée par les autres comme Pippo. Une complicité va se créer entre la vieille et l'enfant qui trouve refuge dans un imaginaire que révèle la scène finale qui nous laisse croire l'espace d'une seconde que le pays heureux où se réalisent les rêves d'enfant existe. Mais non, ce n'est qu'un rêve.
L'évocation à grand renfort de chevaux du labourage d'antan a quelque chose d'irréel, avec ces quatre charrues tirées chacune par un attelage de deux chevaux. Jamais je n'avais vu pareil spectacle dans mon village où les paysans labouraient seuls, avec leurl cheval et leur charrue. La scène de la moisson déborde aussi de vérité par son aspect hyper-réaliste. Comme si l'enfant revivait tout cela en exagérant, en amplifiant le réel. Sauf le passage de la charrette chargée de foin, criant de vérité.
Vous l'avez compris, j'ai aimé surtout ces scènes des travaux des champs, ces attelages puissants, cette moissonneuse batteuse immense, tenant tout l'écran. Mais j'ai aussi aimé et partagé le rêve de cet enfant perdu dans le monde cruel des adultes. Au final, un très beau film, grave et profond.

Les arlésiennes de ma crèche, vous en connaissez quelques-unes. Pas toutes, j'en ai encore à vous présenter. Mais ne croyez surtout pas qu'on ne les voit qu'au pays des santons.
Elles sont bien réelles. Je veux dire que la tradition du port du costume est toujours bien vivante et pas seulement réservée aux groupes folkloriques.
Chaque année a lieu en octobre la finale du trophée des As. Une année en Arles, l'autre à Nîmes. Les As ce sont les raseteurs qui courent après les taureaux de Camargue dans les arènes pour essayer d'attraper à l'aide d'un crochet cocarde, glands et ficelles attachés autour des cornes de la bête. Un spectacle magnifique à la gloire du teaureau qui rentre au toril sous un tonnerre d'acclamations avec la musique de Carmen s'il a bien répondu aux assauts des razéteurs en défendant bien ses attributs. La finale couronne les meilleurs raseteurs et les meilleurs taureaux du moment, dont l'un est sacré "biou d'or" de l'année.
Pour en savoir plus sur ce trophée, cliquez ici pour aller sur le site de la Fédération Française de la Course Camarguaise, vous y touverez toutes les explications et aussi une page sur la fête du costume en Arles avec de belles photos, notamment celle de la Reine d'Arles. Et ici un article sur la finale 2003 du trophées des As.
J'ai pris cette photo lors de la finale du trophée des As en Arles il ya 3 ans. En ouverture de la course,avant la capelado (défilé des raseteurs) les arènes servent de cadre à un des plus beaux spectacles de la tradition camarguaise. Gardians à cheval, groupes folkloriques de danseurs, tambourinaïres et arlésiennes en costume font un défilé qui vous donne la chair de poule !
La Reine d'Arles préside la fête. Plus de 300 arlésiennes sont habillées, et je crois qu'il n'y en a pas deux qui portent un costume de couleur identique. Des couleurs uniques.
Ce qui est amusant c'est de voir à côté des jeunes et belles arlésiennes les unes plus élégantes que les autres, d'autres moins jeunes, un peu fortes, parfois de petite taille mais tout aussi séduisantes dans leurs vêtements de fête. Ce costume est tellement beau qu'il embellit et donne de la grâce même aux femmes les plus corpulentes.
Toutes les arlésiennes sont belles!



