lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Il manque à ce santon la quenouille qu'elle tient d'une main et file de l'autre. Cette activité ancestrale a disparu depuis longtemps. Il est fini le temps où Ronsard dans ses sonnets pour Hélène écrivait ses vers :
"Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle."
Pourtant la fileuse est un personnage qui a gardé une place importante dans la crèche. A cause de ce qu'elle représente. Son activité est indispensable à ce qui sera ensuite le tissage, la fabrication du linge, de tout le linge de la maison, y compris les langes qui serviront à emmailloter le nouveau-né qu'apporte dans sa corbeille l'accoucheuse.
Thérèse Neveu, (1866-1946) est la santonnière la plus célèbre de Provence car elle a su apporter un renouveau à la tradition sans la trahir. Elle a eu l'idée de faire cuire ses santons dans le four de son frère potier, Louis Sicard ( l'inventeur de la cigale en céramique). Plus solides, plus faciles à peindre, les santons ont connu alors une diffusion plus large. Contrairement à d'autres, elle n'a pas utilisé d'anciens moules et a créé ses propres personnage en s'inspirant des gens de son entourage ou de célébrités comme Frédéric Mistral qui a servi de modèle à son chasseur. Ses santons sont pleins d'humanité et de tendresse. Ils sont les dignes représentants de toute une population qui s'identifie à eux. On peut en voir quelques uns dans son atelier, situé en haut d'Aubagne, près de l'église, devenu un lieu d'exposition en 1995. Ses enfants ont poursuivi son activité jusqu'en 1972.
René Pesante, femme allaitant un enfant.
René Pesante a réalisé ce très beau santon d'une jeune mère allaitant son enfant. Après la Vierge portant l'Enfant-Jésus sur ses genoux et la Gitane tenant le sien dans ses bras, après le père portant le sien sur ses épaules, voilà encore un autre symbole fort de l'amour maternel. Cette femme qui allaite est peut-être une nourrice qui vient offrir ses services si besoin est. Robert Canut l'a modelée assise, la poitrine offerte généreusement au nourrisson. Un santon est avant tout un personnage qui vient offrir le meilleur de lui-même, ce qu'il sait faire de mieux, en toute simplicité. De même, d'autres santons, plus traditionnels représentent une femme portant un berceau sur sa tête ou sous un bras pour l'offrir au nouveau-né couché dans une mangeoire. Il y a aussi la femme portant du linge dans une corbeille, comme celui qu'a fait Paul Fouque et qui figure dans ma crèche auprès de la Vierge. Elle pourrait bien être tout simplement l'accoucheuse pour ne pas dire la sage-femme accourant à la crèche pour voir si tout s'est bien passé, éventuellement prodiguer des soins à la jeune mère, la conseiller . Voilà autant de santons qui ont leur place dans une crèche car ils ont un lien direct avec la maternité.
Ce thème a aussi inspiré Robert Canut sous la forme d'une femme serrant son nourrisson dans ses bras comme pour le montrer et aussi le protéger. Elle est assise, et se trouve ainsi dans la même position que la Vierge à l'Enfant. Elle éprouve le même amour maternel que celui de la Vierge pour son nouveau-né, l'Enfant-Jésus. La crèche est bien avant tout le symbole vivant de cet amour maternel, exprimé de diverses façons selon la sensiblité de chacun. C'est vraisemblablement là qu'il faut chercher une des raisons qui expliquent l'engouement toujours aussi fort du public pour la crèche et les traditions qui l'entourent.
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J'ai déjà évoqué ici l'importance dans l'univers des santons que représente l'amour d'une mère pour son enfant en mettant en parallèle deux réalisations de Robert Canut : la Vierge à l'enfant et la gitane portant son enfant dans ses bras.
Robert Canut est à ma connaissance le seul santonnier à avoir proposé aussi sa vision personnelle de l'amour paternel. Il suffisait d'y penser comme en atteste ce santon tout simple où un homme, le père certainement, porte un enfant, le sien probablement, sur ses épaules. Il n'est pas rare dans la statuaire religieuse de voir St Joseph avec une fleur de lys dans une main et serrant dans l'autre l'enfant Jésus assis sur son bras. Mais dans la crèche, dans le monde des santons, Joseph est debout ou à genoux dans une attitude souvent comtemplative. Mais la chanson s'en mêle aussi , et c'est un chanteur célèbre qui "prend un enfant dans ses bras". A défaut de pouvoir vous la faire écouter, les paroles sont ici.
Réflexion personnelle : Comment ne pas être sensible à ces témoignages, ces tranches de vie, rencontrées au hasard de ma navigation sur internet en cherchant les paroles de cette chanson ? A vous d'en juger en allant sur ce site à la mémoire de Gishlain, ou sur celui-ci qui certes a une forte connotation religieuse mais qui illustre à merveille la force de l'amour maternel; c'est pourquoi je le signale sans aucune intention de ma part de vouloir faire du prosélytisme.
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