lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Il y a déjà quinze jours de ça, par un samedi
après-midi avec un temps mi-figue mi-raisin, j'ai eu le plaisir d'être invité à une visite conférence de l'exposition "Passion en dialogues" au musée d'Art sacré de Pont Saint
Esprit.
Pont Saint Esprit, c'est encore le Gard, mais à l'autre bout du département, au Nord, là où commence la Provence gardoise ou rhodanienne. Simple rappel si vous ne connaissez pas l’endroit, le
fameux pont médiéval qui a donné son nom à la ville a été construit sur le Rhône.
Je ne connaissais pas cette ville et je suis allé de surprises en surprises.
D’abord le plaisir de découvrir un musée très accueillant, bien conçu. Un simple coup d'œil sur
l'entrée donne déjà l'envie de pousser plus loin la visite.
Ensuite, le bâtiment à lui seul avec son histoire, son architecture, ses plafonds et meubles d'époque mérite à lui seul la visite. Il s’agit d’un vaste hôtel particulier, la Maison des Chevaliers, demeure des Piolenc, dynastie de négociants de blé de la vallée du Rhône. Il a été si bien restauré qu’on a vraiment l’impression en le visitant de retrouver notre lointain passé comme s’il nous était familier.
Enfin l'art sacré chrétien y est présenté sous une forme purement artistique, culturelle et non pas doctrinale, sans lien avec une pratique religieuse. Il s'agit bien d'accéder à une forme d'art véritable qui a produit maints chefs d'œuvre. A ce titre les santons, nous y voilà, ont droit de cité au musée même si leur place est réduite. Encore qu'une salle présente, commentaire audio à l'appui, les grands santons habillés de l'église paroissiale. Il sont exposés au musée en dehors de la période calendale. Je suis tombé en admiration devant des crèches anciennes du XVIIIème réalisées dans des petites niches vitrées. Les seuls santons de Provence visibles sont ceux de Raymonde Martin issus de la collection Varille. Santonnière dont le nom même m’était inconnu. Mais quel talent, quelle vérité dans l’expression de ces santons qui pourtant ont l’air de ne pas être bien finis. En admiration aussi devant une très belle collection d'enfants Jésus en cire sous globe de verre. Que du bonheur !
Bon à savoir enfin, l’entrée du musée est désormais gratuite. Et pour finir, cerise sur le
gâteau : le musée possède dans ses réserves quelques 2000 santons et prépare une exposition pour la fin de
l’année. A toutes ces raisons d’aller à Pont St Esprit en décembre, s’en ajoute encore une autre : sa foire aux santons est une des plus importantes de la région. Pont Saint Esprit n’est pas
la capitale des santons mais son dynamisme en la matière mériterait d’être pris pour modèle par les autres qui s’endorment sur leur réputation.

Santons en cire de l'église de Pont Saint Esprit : ci-dessus la Sainte Famille, et au-dessous, l'Enfant-Jésus

Visage en cire d'un santon de l'église de Pont Saint Esprit

Détail scène de la nativité. Crèche dans une niche avec vitre du XVIIème.

Crèche de Raymonde Martin, collection Varille.

Crèche de Raymonde Martin, la Nativité

Raymonde Martin, la poissonnière
à suivre...
Cliquer sur les images pour les agrandir
photos Daniel, reproduction interdite sans autorisation.
Bien c'est le printemps. Enfin c'était hier. Comme on dit à Nîmes, il marsèje, c'est à dire qu'il fait un temps qui correspond bien à celui du mois de mars. Dimanche dernier la saison taurine des courses camarguaises a redémarré. Le temps des traditions revient, chevaux de Camargue et arlésiennes en costume sont à nouveau de saison. Pendant ce temps les santons s'endorment un peu plus, sauf chez les santonniers qui se sont remis au travail. D'abord renouveler le stock, peupler les étagères de tout ce petit monde. Ensuite sortir des modèles nouveaux, faire des créations. L'imagination vient ici à la rescousse de la tradition. Nous en reparlerons dès que les premières nouveautés seront connues.
Voici à quoi ressemblait le décor de ma crèche il y a encore quinze jours. Les santons avaient déserté le village, les champs, la campagne et les collines. Au printemps, les santons hivernent. En été aussi. Restait encore le décor, vide, abandonné, endormi lui aussi. Il n'a pas résisté à la venue du printemps. Depuis, tout est démonté. Les planches, cartons, souches d'olivier, autres morceaux de bois flottés, pierres, cailloux, terre, sable, tout est rangé à la cave dans des cageots. Il était temps !

Pour fêter le printemps et ne pas rester sur cette triste impression, voici cette scène de fête avec jeunes mariés provençaux (Paul Fouque), musiciens, arlésiennes en costume, danseurs et badauds.

Yves et Frédérique habitent dans notre village. Ils sont eux aussi très attachés aux traditions. Ils possèdent une belle collection de santons. Yves réalise maisons et villages en s'inspirant des lieux de sa Provence natale. Il a modelé cette année des moutons, qu'il a mis dans sa crèche sans les cuire ni les peindre, ce qui leur confère cun accent de vérité encore plus fort. Comme si cela les rendait encore plus réels comme vous pouvez le voir sur la photo juste en-dessous.
Yves est aussi un excellent photographe. Je l'ai déjà dit. Il met volontiers ses photos à ma disposition. Grâce à lui j'ai pu dès le départ alimenter le blog quand je ne disposais pas d'appareil numérique.
Voici avec pas mal de retard la crèche d'Yves et de Frédérique. Ceci étant, maintenant que Noël est loin derrière nous avec son atmosphère mercantile à la limite du supportable, nous pouvons finalement regarder la crèche et les santons d'un autre oeil. Nous voilà plus disponibles et donc plus attentifs. Ce qui permet d'accéder directement à une forme plus naturelle de leur beauté, en toute simplicité, sans aucun tralala, dans le calme des jours ordinaires.
P.S. Pas le temps aujourd'hui, mais je mettrai d'autres photos ici. Je ne sais plus de qui est la scène d ela nativité. A gauche bien sûr, la Renaude de Paul Fouque, version féminine du coup de mistral.
J'aime beaucoup cette scène des santons musiciens. Je ne sais plus de qui ils sont. Ils me rappellent les ceux de Patrick Volpès. Voir ici.






