lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Quand on sort de Beaulieu, mon village, pour aller en direction de Sommières, St Christol, au carrefour qui débouche sur la 110 se trouve en face de la route un petit monticule avec une croix en pierre d'ici, usée par le temps, semblable à celles situées aux entrées du village où l'on venait jadis à pareille époque en procession pour "les rogations", c'est à dire pour attirer la clémence divine sur les futures récoltes menacées par le gel tardif de printemps tant que les jours du calendrier portant le nom des cavaliers, St Georges, Jacques, Marc (j'ai oublié le nom du quatrième...) ne sont pas passés.

Tout autour s'étalent des coteaux légèrement vallonés où pousse la vigne qui s'étire un peu à la façon des montagnes russes. Au loin apparaît le village de St Geniès des Mourgues, le clocher de son église abbatiale. La vigne est belle au printemps, les feuilles sont tendres, d'un vert lumineux et aérien. Déjà les jeunes sarments se chargent de toutes petites grappes. D'apparence aride et pauvre, la terre pourtant sait se faire généreuse, sa jeune verdeur printanière est lourde des promesses du vin qu'elle enfantera. De la terre des vignes à l'argile des santons il y a ce même attachement aux valeurs du pays que l'on habite. C'est un peu tout cela que je veux faire voir aujourd'hui à travers ces photos toutes simples de ces paysages qui me sont familiers car je les traverse chaque jour en prenant ma voiture pour aller plus vers le Sud jusqu'au bord de la mer là où commence la petite Camargue au sortir de Lunel quand on longe les vestiges de l'ancien canal de Lunel en direction de l'étang de l'Or. C'est d'aillleurs là, dans le marais de ce qui reste de l'ancien domaine de Haute Plage que Voltigeur, le cocardier vedette de la manade Vitou, passe le meilleur de son temps.

Samedi 14 avril, malgré la grisaille et le temps frisquet le village a connu un avant-goût de fête avec un abrivado le matin et un autre le soir. Il n'y avait pas la foule de l'été. les habitués étaient là, des jeunes bien sûr pour courir après les biou, des curieux, des badauds, et tous les inconditionnels du taureau et de la tradition.
Yves a fait des photos, mais ce sont celles que Claude m'a envoyées que je présente, histoire de faire découvrir mon village, sa rue principale, la place de la mairie avec les deux escaliers encadrés par deux colonnes...
Pour la petite histoire, je suis sur la photo, mais de dos.

Place de la mairie, les jeunes ont attrapé un taureau, ils le maitrisent quelques instants avant de la relâcher. Les cavaliers surveillent la scène. Il n'est pas rare qu'un taureau réussisse à s'échapper, créant la panique au village.
L'abrivado a été réalisé par la manade Vitou. Un des deux frères manadiers habite le village et Laure son épouse fait une crèche camarguaise bien entendu (voir l'article sur le circuit des crèches du village).

Merci à Claude pour les photos.
Le village : petite leçon de géographie.
Voici ce que dit le chanoine Tarbouriech en 1918
sur l’ « Aspect général du village » :
« A 19 kilomètres au nord-est de Montpellier, se trouve le village de Beaulieu qui fait partie du canton de Castries . Ses confronts sont au levant Saussines et Restindières, au midi Saint-Genièz-des-Mourgues, au couchant Sussargues et Saint-Drézéry, enfin au nord Saint-Jean-de-Cornies et Saint-Hilaire de Beauvoir. Comme le Beaulieu de la Côte d’Azur, le Beaulieu de l’Hérault (Bello loco en latin, et Bel lioc dans la langue romane) tire son nom de la beauté de son site. Il est solidement bâti sur la pierre blanche, dites de Castries ou de Beaulieu, qui est si recherchée pour les constructions dans un rayon assez considérable et particulièrement à Montpellier. Le village est relativement assez long du nord au midi et paraît au touriste beaucoup plus important qu’il ne l’est en réalité. »
Apparemment les choses n’ont pas changé depuis. La situation géographique est toujours la même. Mais le lieu est-il encore beau, malgré les lotissements et les maisons individuelles qui ont envahi la garrigue environnante ? Et que dire de la qualité de vie des habitants, notamment ceux du vieux village (dont je suis) qui doivent subir à longueur de journée le bruit et la pollution des voitures ?
Sur une carte ancienne du Languedoc, datée de 1648, on trouve le nom de Belloc pour désigner le village.
Le nom de Beaulieu apparaît plus tard semble-t’il, au 18ème siècle.
Le nom de Beaulieu figure sur une carte réalisée entre 1770 et 1775 par Le Jeune et Langelay (carte Cassini).
Belloc, le nom n'était pas mal du tout, dommage qu’on ne l’ait pas conservé.
à suivre...



