lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog raconte: des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du
village,  et autres radotages sur le passé et  la vie d'aujourd'hui.
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Dimanche 3 juin 2007
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Chaque année pour Pentecôte a lieu à Tarascon un grand marché aux plantes fleuries et à celles de collection. Il y a quelques années la ville était pour l'occasion superbement décorée. Les services municipaux fleurissaient le château et autres sites historiques comme le cloître des Cordeliers. Une grande fête des fleurs qui attirait beaucoup de monde. Mais les équipes municipales ont changé et d'année en année la manifestation perd son éclat, les monuments ne sont plus décorés et le marché est devenu un simple marché aux fleurs. Fini le temps des grandes expositions florales de Tarascon. Mais il reste encore quand même quelques beaux jardins à découvrir comme celui du cloître des Cordeliers. En décembre il est réquisitionné pour héberger les santonniers qui n'ont pas trouvé place dans les salons de l'hôtel de ville ou dans les baraques en bois de la foire installées dans les rues principales. La foire aux santons de Tarascon demeure une des plus importantes de la région après bien sûr celles de Marseille, Aix qui durent plus longtemps.


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Dans la rue principale, le décor a changé, les baraques de la foire ont laissé place aux jardinières fleuries accrochées sur les arcades de la rue principale qui mène à la mairie.

 
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Mais les santons sont quand même toujours présents, on trouve leur trace, notamment dans la vitrine du libraire qui affiche fièrement les dernières réalisations des atliers Fouque. Puis, à quelques pas de là au musée de l'ancienne fabrique des tissus Souleiado se trouvent quelques santons anciens dans les vitrines mais surtout une très belle collection de santibelli, ces ancêtres des santons. Dommage, il est interdit de les prendre en photo, j'ai quand même pu faire un cliché de l'affiche annonçant une exposition passée consacrée aux santibelli. C'est la première fois que je voyais un santibelli en vrai. Quel choc ! de pures merveilles. Cela fait des années que je viens à Tarascon et je n'avais jamais poussé la curiosité à aller voir ce musée. Je pensais qu'il ne contenait que robes et chiffons. Personne n'en parle, je n'avais jamais trouvé l'information sur les livres consacrés aux santons. Dommage que pendant la foire aux santons les santibelli ne sortent pas de leur vitrine pour être exposées à la vue de tous les visiteurs qui envahissent la ville à cette occasion.


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Les santons Fouque dans la vitrine du libraire

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L'affiche des santibelli au musée Souleiado, à voir pour les santibelli mais aussi pour retrouver l'ambiance d'une ancienne fabrique, et retrouver la vie d'autrefois dans une maison provençale du XIX ème, richement meublée et décorée. A voir aussi différents modèles de costumes d'arlésiennes selon les époques, et bien sûr les indiennes et les célèbres tissus de Souleiado.

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Photos daniel, reproduction interdite.
Vendredi 18 mai 2007
Le musée d'art sacré de Pont Saint Esprit a réalisé récemment une exposition plastique d'un genre particulier. Dans une même salle sont présentées les oeuvres d'un artiste contemporain et des objets d'art appartenant au fond du musée. L'exposition "Passion en dialogue"  donnait à voir des oeuvres de Martine Lafon sur le thème de la passion du Christ et des croix de mariniers, des passions réalisées dans des niches vitrées, pièces appartenant au musée, datant du XIXèmes iècle, mettant en évidence les objets et symbôles des souffrances et de la mort du Christ. Ces croix étaient aussi réalisées dans des bouteilles comme cela se fait plus couramment pour les bateaux. Ces oeuvres sont la manifestation d'un art populaire, naïf, pas toujours conforme aux dogmes officiels de l'église catholique. Parfois les scènes de la Passion sont installées dans des niches avec une vitre de protection qui rappellent, nous y voilà, la façon dont étaient réalisées les premières crèches familiales de la fin du XVIIème siècle. Voici autour d'une croix de la Passion (Pérou, XVIIIème siècle) des "bouteilles de la Passion" exposées dans une vitrine :

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Au fond, derrière la vitrine, on aperçoit deux calvaires, présentant des scènes de la passion dans des niches vitrées. Les voici de plus près :


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Ces calvaires en vitrine sont réalisés avec les mêmes matériaux que les crèches du XVIIème siècle : verre filé, coquillage, paier collé, carton, végétation. On retrouve un même ton de liberté dans la présentation de la Passion du Christ par rapport aux dogmes en vigueur. Cette pratique consistant à réaliser dans sa maison une représentation des scènes de la Passion du Christ  plus ou moins conformes au récit évangélique s'est perdue. Aujourd'hui c'est la tradition des processions de la semaine sainte catalane et espagnole qui perdure. L'événement est célébré et vécu de façon collective et non plus privé, hors de la sphère familiale. 

Reste que les crèches du XVIIIème réalisées dans des niches vitrées sont une des formes diverses des représentations de la Nativité qui ont jaloné depuis les premiers siècles l'histoire de l'art et des traditions chrétiennes. Cette longue histoire de la représentation de la Nativité va aboutir au XIXème siècle à la naissance de la crèche typiquement provençale, qui comme on l'a vu pour la réalisation des croix de mariniers, donnera libre cours à une interprétation de la scène biblique. Dans la crèche, à côté de la Sainte Famille et des  personnages bibliques ( anges, bergers, rois-mages), vont faire irruption des personnages typiques: les santons de Provence.

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Photo sombre, de mauvaise qualité, avec reflet du flash, mais qui permet d'avoir une vue d'ensemble de cette grande vitrine du musée où sont présentées des crèches encadrées, réalisées dans des niches.

Un grand merci au conservateur du musée, M. Alain Girard,  pour la chaleur de son accueil. IL a bien voulu m'autoriser à faire des photos et a répondu avec beaucoup de compétence et de façon conviviale à nos questions et à celles des personnes présentes à la visite commentée de cette exposition. Un grand merci à cette grande Dame des santons qui a bien voulu m'inviter à cette manifestation.


Mercredi 16 mai 2007
L'expression artistique de la scène de la Nativité de Jésus est  présente sous des formes différentes au musée d'art sacré de Pont Saint Esprit. D'abord cette peinture dont malheureusement je n'ai pas noté le nom de l'artiste.


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Le musée expose plusieurs crèches réalisées dans une niche vitrée, datant du XVIIème siècle. Celle-ci a des personnages en cire, habillés.


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  Le musée possède une belle collection  d'Enfants-Jésus en cire sous un globe de verre, couchés sur un lit de papier froissé et collé, évocateur d'un relief rocailleux entouré d'un décor végétal et fleuri.

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Le décor végétal en tissu avec des fleurs d'oranger en cire rappelle les parures de mariées d'autrefois conservées de cette façon sous un globe de verre ou dans un coffret de mariage.

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 Ces Enfants-Jésus appartenaient à des familles qui les conservaient sous leur globe. A Noël, ils étaient installés dans la crèche de l'église paroissiale.

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 Ce n'est pas une poupée de cire mais la Vierge Marie enfant.

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Photos Daniel,
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Photos :
Daniel, Yves

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