lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Les églises sont presque tout le temps fermées en dehors des créneaux horaires réservés aux offices religieux. De temps une feuille de papier punaisée sur la porte indique une adresse ou un numéro de téléphone à l'attention des personnes qui veulent visiter la crèche. C'est ainsi que de retour de Vaison la Romaine, nous avons sonné il y a presque une semaine , c'était le mardi 2 janvier, au presbytère de Camaret à côté d'Orange. En l'absence du Curé, oui de Camaret, je sais, c'est le vicaire qui nous reçoit et nous sert de guide avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité. Une très belle église du XVI ème siècle, comme on en rencontre souvent en Provence. Une crèche toute simple mais avec de très beaux santons en cire et aussi en papier maché. Voici les photos.

La crèche est disposée à même le sol d'une grande chapelle latérale. L'étable est devant au premier plan, sur le côté gauche. pas facile d'avoir en photo une vue d'ensemble.
L'ange a la tête et les mains en cire comme tous les santons religieux. Son costume a été restauré comme celui de tous les autres santons. Au fond, le Ventoux est peint dans le décor mural.
Le meunier a lui aussi un visage en cire, une belle expression et un sourire de ravi. Il est sous le charme.
A gauche, une partie du beau costume d'arlésienne, puis le tambourinaïre et le pécheur.
Le pécheur. Son visage très expressif est je crois en pate à carton machée et collée.
Et un grand merci au prêtre qui nous a si gentiment reçus.
Le lendemain de Noël, comme l'an dernier, avec des amis nous organisons un circuit des crèches. Nous allons de maison en maison visiter chacune de nos crèches et à chaque étape sont offerts ici un vin chaud et une pompe, là du vin d'orange, des gateaux faits maison, et d'autres spécialités. Il y a de la joie dans l'air, des rires et le bonheur de découvrir chaque fois une crèche originale faite avec beaucoup d'amour selon la personalité et le talent de chacun, sans compter les améliorations apportées d'une année sur l'autre et bien sûr les nouveaux santons et autres constructions. Une façon conviviale de prolonger la fête de Noël.
Pour commencer, voici la crèche de Maurice et Marie-Jo.
Ce berger à genoux devant la crèche vient adorer le nouveau-né. A son côté, debout, un enfant, le sien sans doute, porte un oiseau sur sa poitrine, il s'appuie contre lui et passe son bras sous le sien. A leurs pieds dort un agneau. Cet ensemble est certainement le plus beau de tous les santons de cette crèche. Je l'ai toujours vu. Il a bercé mes rêves d'enfant et mes premières émotions de Noël. Ce sentiment je le partage avec un bon nombre d'anciens du village. Ils sont comme moi heureux de retrouver chaque année intacts un peu de leurs souvenirs. On voit mal la tête de l'oiseau qui a été endommagée, mais cette scène crée une atmosphère sereine et invite au recueillement. Les années ont passé, nos rires et nos pleurs d'enfants ne sont plus. L'âge mûr est là mais rien n'a changé. Le sentiment demeure et revit chaque année. Les santons malgré les épreuves du temps n'ont pas vieilli. La vieillesse semble les épargner, leur regard et leur attitude expriment quelque chose d'éternel.
Marie et Joseph eux aussi sont toujours là, comme le boeuf et l'âne gris. En s'approchant un peu on sent leur souffle qui vient réchauffer l'enfant Jésus de cire qui a pris la place de celui en terre cuite qui est toujours en réserve dans le placard de la sachristie. L'an dernier, un enfant de choeur, trop heureux de fêter sa venue l'a fait tomber par mégarde. La sachristine a miraculeusement recollé les membres cassés. L'enfant se porte bien et rayonne toujours autant de joie.



















