lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Journée de la femme ? Allons bon, qu'à cela ne tienne! Il ne manque pas de santons pour célébrer dignement l'événement! J'ai choisi de faire un gros plan sur cette femme portant avec élégance le costume d'arlésienne. Souriante, elle porte une cruche d'eau ou une sorte de gourde avec un goulot au centre pour boire au jet. D'où cette expression de chez nous, boire à la gourdelette. Etant enfants, nous avions transformé cela en boire à la gourgoulette ou à la gargalette.
Voilà une image très traditionnelle de la femme accomplissant la corvée domestique de l'eau. Les féministes n'apprécieront pas. J'avoue enfin que j'aurai du mal à trouver un santon de femme présentant une forme de féminitude répondant aux exigences de notre temps.
Le monde des santons qui est celui de la vie rurale de jadis n'a pas grand chose à voir avec le nôtre aujourd'hui, même si de nos jpurs c'est encore parfois ou souvent la femme qui cuisine pendant que le mari regarde la télé. Et la parité en politique comme dans les entreprises a du mal à s'imposer. A travail égal c'est encore trop souvent salaire inégal pour les femmes. Une personalité politique très en vue dans l'actualité qui s'est faite remarquer pour son invention d'un mot en "ude" a remis hier dans un discours le mot féminitude à la mode. C'est oublier que c'est Simone de Beauvoir qui la première a utilisé le terme de féminitude par analogie avec celui de négritude, pour désigner la difficulté à faire valoir la spécificité féminine dans un univers de pouvoir masculin. Simone de Beauvoir qui a formulé cette phrase toujours d'actualité: "on ne naît pas femme, on le devient". Une oeuvre de Roger Jouve (18 cm) santonnier à Luynes. 
Aristote pensait que les étoiles étaient éternelles. L'astronomie nous enseigne désormais le contraire : les étoiles ont une vie, elles naissent, vivent et puis meurent, comme nous.
"En observant la Voie lactée, on voit des nébuleuses, grands nuages de gaz qui s’effondrent sous leur propre poids et font naître les étoiles. Tout au long de sa vie, l’étoile transforme des éléments légers (hydrogène) en éléments plus lourds (hélium) et procède à des changements. En vieillissant, elle change de couleur et devient tellement chaude qu’elle s’effondre sur elle-même, explose et dégage dans l’espace les atomes qu’elle a formés tout au long de sa vie. Les atomes retournent ainsi au milieu interstellaire et c’est pour cela que nous avons sur terre des atomes de carbone et hydrogène, ce qui fait dire à Hubert Reeves que nous sommes des poussières d’étoiles."(voir ici)
Poussières d'étoiles... Voilà une expression bien plus poétique que celle de simple poussière représentée par les cendres le lendemain de Mardi gras. Poussières d'étoiles nous renvoie à notre filiation originelle, tout au moins à celle que la science nous permet de penser, donc d'imaginer un peu. Nous avons quelque part l'âge du big-bang, puisque c'est là que l'aventure de la matière a commencé. L'homme avec son esprit n'est arrivé que bien plus tard certes, mais là est notre origine connue, celle qu'enseigne la science. Personne ne nous empêche de penser au de-là des limites de la science, d'imaginer la totalité des choses, des univers possibles, penser le Tout, la Nature infinie, les espaces infinis peut-être en expansion constante comme notre univers.
Pascal revient alors à nos mémoires avec ses Pensées :
"Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraye."
Voir ici un très beau poème de Gabriel Marc sur Pascal.
Et voici l'étoile de Bethléem qui brille sur la crèche et que les rois Mages, ces savants des temps anciens, ont vu naître en observant le ciel. Une belle histoire qui situe la naissance de Jésus au coeur de la grande nature, dans la grande histoire de tous les temps, sous les cieux connus ou inconnus.
Le crâne de Descartes est exposé au musée de l'homme en compagnie de deux autres : celui de Cro-Magnon et celui - un moulage, bien sûr- de Lilian Thuram. L'ancêtre, le philosophe et le sportif réunis pour illustrer ce qu'est l'espèce humaine, découvrir son unité dans l'espace et le temps. L'être humain est le même partout depuis le début.
Je ne sais pas si Descartes apprécierait que son crâne puisse aujourd'hui servir de modèle pour représenter ce qui caractérise l'humain depuis son origine à nos jours, lui qui donnait plus d'importance à la pensée qu'à la chose matérielle, cette réalité extèrieure du monde dont il n'hésitait pas à mettre l'existence en doute dans sa quête d'une certitude fondatrice. Descartes dans son expérience du doute généralisé à toute chose, était bien plus sûr de l'existence de sa pensée que de celle de son corps ou de son crâne. Il en était tellement sûr (philosophiquement parlant) que seul Dieu était capable de lever l'hypothèse du doute planant sur la réalité du monde extérieur. Dieu seul fait que je ne rêve pas, que le monde est bien réel et non une illusion des sens. L'esprit et la matière font ménage séparé et c'est grâce à la glande pinéale que le corps et l'âme marchent ensemble.
Aujourd'hui la science nous enseigne que non seulement nous descendons d'une branche particulière de singes, les primates, mais que nos ancêtres les plus lointains sont les étoiles d'où proviennent la matière et les atomes de notre corps... Nous sommes des poussières d'étoile. Ceci étant l'esprit n'a pas à se sentir honteux de ses origines obscures, surtout quand elles sont aussi lumineuses comme le sont les étoiles. Le Credo évoque lui aussi cette "Lumière née de la lumière". Et reconstituer, comme s'efforce de le faire la science les étapes du passage de la matière à la vie puis aux corps animés ne permet pas pour autant de réduire l'esprit à la matière. Que tout effet ait une cause, personne ne le conteste, mais il n'empêche pas moins qu'il y a quelque-chose de nouveau et de différent dans l'effet qui n'est pas dans la cause.
Tout ceci pour dire qu'un santon est avant tout un objet matériel fait de terre et de couleurs peintes. Il n'a pas une âme, il n'est qu'un assemblage d'atomes, mais il a pourtant ce regard vivant, ce mouvement du corps qui est perceptible alors qu'il est figé, immobile. A vrai dire on n'est pas loin de croire qu'il a une âme. Celle que le santonnier lui a donné bien sûr. De nombreux auteurs ont dit que le santonnier jouait à Dieu le Père. Il pourrait aussi être comparé à dame Nature cette maitresse du libre jeu qui depuis les origines est au coeur des différentes forces qui s'exercent sur les choses pour faire ce qu'elles sont. Bref, mieux que les crânes sans âme de nos trois héros, trois santons les représentant auraient pu à eux seuls exprimer davantage ce qu'est l'humain.
Deux liens intéressants sur le sujet : le Musée de l'Homme et L'Homme exposé.
Dans ma crèche 2006, la scène du lavoir, et au-dessus une vue partielle de la sortie de l'école. Voilà de quoi se persuader que les santons sont bien vivants, qu'ils ont une âme...
Pareil pour cette scène de la récolte des olives.
La fête : les mariés provençaux, les invités, les musiciens, les danseurs et les badauds, la vie quoi...





